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Dr François Bilodeau, Ph.D

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© 2018 par Dr François Bilodeau, Psychologue 

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La paralysie du sommeil : quand dormir devient une expérience terrifiante

Vous êtes déjà vous réveillé en pleine nuit paralysé, incapable de bouger et de parler? Ou encore, avez eu l’impression qu’une entité maléfique rodait dans la chambre? Il s’agit tous de symptômes liés à la paralysie du sommeil, un problème méconnu mais relativement fréquent.


Près d’une personne sur trois pourrait vivre au moins un épisode de paralysie du sommeil au cours de sa vie

Soudainement, je me réveille et je suis incapable de bouger ou de parler. Pire encore, j’ai l’impression qu’il y a quelque chose ou quelqu’un dans ma chambre qui me veut du mal. Mon cœur bat la chamade, j’essaie de reprendre le contrôle de mon corps, mais je ne peux rien faire! Du coin de l’œil, je vois une ombre qui me fixe scrupuleusement, j’entends sa respiration hargneuse. Je panique!


Voilà à quoi peut ressembler l’expérience angoissante que peuvent vivre ceux et celles qui sont aux prises de ce problème de sommeil que l’on nomme la paralysie du sommeil.


La paralysie du sommeil fait partie d’une grande famille de problèmes de sommeil que l’on désigne sous le nom de parasomnies. Les parasomnies sont des événements indésirables qui surviennent au cours de la période du sommeil. Elles impliquent la présence de mouvements et de comportements anormaux et s’accompagnent généralement d’une altération au niveau des émotions, des perceptions et des rêves.


Ce qui différencie la paralysie du sommeil des autres parasomnies c’est que les personnes qui en souffrent se retrouvent coincés de leur corps pendant quelques secondes, voire quelques minutes, ce qui peut être extrêmement effrayant. Toutefois, l’inconvénient principal de la paralysie du sommeil réside dans les hallucinations éventuelles et la terreur qu’éprouvent les personnes.

La paralysie est généralement accompagnée d’hallucinations hypnagogiques. Il existe plusieurs degrés d’hallucinations possibles : visuelles, auditives et tactiles. Dans la plupart des cas, les gens éprouvent la sensation d’une présence ou d’une entité maléfique qui se cache ou qui se tient debout dans la pièce ou encore, qui est assise sur le lit. Dans certains cas, cette présence hallucinée peut se montrer agressive et s’assoir sur le torse du dormeur afin d’essayer de l’étouffer.


D’autres formes d’hallucinations sont également rapportées : tactiles (sensation d’être tiré par les pieds, contact physiques), sonores (craquements, bruts secs, sonneries, entendre son nom), visuelles (tâches lumineuses, boules de lumière) et kinesthésiques (sensations de flottement ou de chute).


Bien qu’étrange et méconnue, l’incidence de cette manifestation du sommeil est toutefois élevée. Plusieurs études démontrent qu’entre 20% et 30% de la population expérimentera au moins une fois dans sa vie une forme légère de paralysie du sommeil, en particulier au cours de l’adolescence. De plus, entre 2% et 4% de la population pourrait développer un trouble chronique de la paralysie du sommeil.

Par ailleurs, la paralysie du sommeil semble transcender les cultures et les époques. Partout dans le monde, en Occident comme en Orient, ce phénomène a piqué la curiosité de plusieurs folkloristes ou artistes qui illustrent le dormeur paralysé sous l’emprise d’une entité : la Old Hag en Amérique du Nord, l’incube en Europe, la fameuse peinture intitulé Le Cauchemar produite en 1781 par Johann Heinrich Füssli, et la pièce artistique créé par Ferdinand Hodler en 1889 où le personnage central est effrayé par une forme cauchemardesque drapée de noir, accroupie sur lui.


Pourquoi suis-je paralysé?


Au cours de la phase de sommeil paradoxal, moment associé à la production des rêves, le corps est paralysé. La glycine, un neurotransmetteur, empêche les muscles de bouger pendant les rêves afin d’éviter, par exemple, de bouger et de provoquer un réveil spontané. Cette atonie musculaire se dissipe généralement de manière naturelle à la fin de la période paradoxale et avant le réveil. Cependant, dans certains cas, la glycine continue à inhiber les fonctions motrices du corps lorsque la personne est éveillée : la personne est paralysée, incapable de parler ou de bouger.

La paralysie du sommeil est fréquemment associée à la présence d’hallucinations hypnagogiques terrifiantes

Pourquoi ai-je l’impression qu’une entité maléfique me veut du mal?


L’atonie musculaire à l’état d’éveil peut être très angoissante. Sous l’emprise de la peur, le cerveau, encore dans un état de transition entre l’éveil et le sommeil, tente de trouver une explication à la panique ressentie. En effet, figer est considéré comme une réaction normale conséquente à un sentiment de peur intense dû à un stimulus menaçant dans l’environnement. À ce moment, pour donner un sens à l’état atonique, le cerveau imagine l’entité ou la présence effrayante dans la pièce du dormeur.


Les facteurs de risque associés à la paralysie du sommeil


Les individus qui souffrent d’anxiété ou de stress et ceux qui manquent de sommeil sont plus à risque de vivre un ou plusieurs épisodes de paralysie du sommeil. D’autres causes habituellement associées à ce phénomène sont la fatigue (incluant le surmenage), un changement soudain dans les habitudes quotidiennes (exemple, déménagement, changement d’emplois, deuil) et une mauvaise hygiène de sommeil (exemple, horaire de sommeil irréguliers). Dormir sur le dos est également associé à un plus grand risque d’émergence du problème. Également, la paralysie du sommeil est souvent rencontrée chez les individus souffrant de narcolepsie : un trouble du sommeil où il y a la présence d’endormissements à caractère spontanée et incontrôlable. Toutefois, un très grand nombre de personnes affectées par la paralysie du sommeil ne sont pas nécessairement atteints de cette problématique.


Opter pour des solutions simples


N’essayez pas de combattre la paralysie du sommeil ou de reprendre le contrôle. Les manifestations sont transitoires. Elles ne sont d’aucun danger pour l’intégrité physique ou mentale. Il faut simplement garder son calme, normaliser le phénomène en considérant les facteurs biologiques impliqués et de se souvenir que cela arrive à d’autres personnes. Essayez de vous détendre et de vous endormir de nouveau.


Les hallucinations peuvent être marquantes et terrifiantes au point d’appréhender de subir une autre expérience. N’évitez surtout pas votre sommeil et les éléments y étant associés tels que la chambre et le lit, cela ne ferait qu’exacerber le stress, et contribuer davantage à l’émergence d’un nouvel épisode. Optez plutôt pour des exercices de relaxation avant de dormir et entretenez une bonne hygiène de sommeil. Consultez ici ce que les spécialistes du sommeil recommandent afin d’entretenir une bonne hygiène de sommeil.


Voir la publication originale de cet article dans le HuffPost Québec.


RÉFÉRENCES


American Academy of Sleep Medicine. (2014). International Classification of Sleep Disorders, 3rd Edition: American Academy Of Sleep Medicine.


Cheyne, J. A. (2003). Sleep paralysis and the structure of waking-nightmare hallucinations. Dreaming, 13(3), 163-179.


Dahlitz, M., & Parkes, J. D. (1993). Sleep paralysis. The Lancet, 341(8842), 406-407.